CRPM - Axe de recherches N°2

AXE DE RECHERCHES N° 2


« Etudes de terminologie et de discours spécialisés sur des oppositions de corpus écrits » (JJ. Briu)

Objectifs généraux


Le projet de recherche N° 2 : « Etudes de terminologie et de discours spécialisés sur des oppositions de corpus écrits » vise de façon générale à :

  • Analyser les limites des dictionnaires généraux, prendre pour objets des termes de vocabulaires spécialisés de langues d'Europe, termes présentant des difficultés de traduction / de transposition.
  • Montrer le rendement supérieur d'un modèle encyclopédique en face du modèle dictionnairique traditionnel dans la mesure où il se réfère aux cadres culturels.

Institution partenaire du projet : Institut Supérieur de Traduction et d'Interprétation (ISIT), Paris.

Objectifs scientifiques

Le projet présenté, « Etudes  de terminologie et de discours spécialisés sur des oppositions de corpus écrits » a deux objectifs majeurs :

  1. s'inscrire contre l'interprétation et la traduction directes et mono-sémantiques où les signifiés sont souvent réduits par l'évidence et le stéréotype ; c'est le cas souvent problématique rencontré dans les dictionnaires unilingues et bilingues courants. On optera donc pour une approche de type encyclopédique, textuelle et contextuelle.
  2. examiner des faits d'acculturation à des termes linguistiques qui semblent relever de la synonymie et du consensus dans plusieurs langues européennes : ils recèlent en fait des oppositions qui vont jusqu'au paradoxe et à l'antinomie. Cet examen des significations possibles qui a d'abord lieu dans le système des langues se poursuit plus largement dans la pratique des discours et l'investigation de l'histoire et de la culture liées à chaque langue.

AXE de recherches proposé : « Histoire et actualité des concepts de régulation juridique en matière économique et sociale »


Cet axe comporte trois projets :

B1  Etude sur la terminologie juridique du droit privé allemand et français
Projet animé par Annette SOUSA COSTA et Frédérique NIBOYET, Maîtres de conférence à Université Paris Nanterre (Droit/Allemand)

Sur des thèmes de droit privé, un travail de terminologie sera effectué à partir de sources européennes, de textes de lois français et allemand et de décisions jurisprudentielles. Dans cette recherche interviendront des linguistes et des juristes des deux pays. L'objectif est de comparer les termes juridiques employés dans les deux langues, les styles et certaines particularités liées à la grammaire. Il s'agira ensuite d'en tirer des enseignements pour la traduction mais aussi de chercher à déceler, à travers le langage, des indices sur le fond du droit. Par exemple, une étude terminologique comparative des juridictions françaises et allemandes, fait apparaître une différence importante au niveau de leur découpage, reflet d'une différence institutionnelle importante. A cela s'ajoute la dimension européenne, source de terminologie nouvelle.

Au-delà des travaux portant sur la terminologie, l'étude de l'implicite et du non-dit dans les textes de droit est fructueuse, tout particulièrement dans le domaine du droit de la famille. Elle met en lumière l'intention sous-jacente du locuteur, là où l'on ne l'attendrait pas : par exemple le texte de loi.

B2  Etude sur la terminologie juridique du droit des affaires allemand et français
Projet animé par Stephanie ROHLFING-DIJOUX, Professeur à Université Paris Nanterre.

A la suite de la première rédaction du glossaire « Spécificités linguistiques dans la traduction des concepts juridiques » (novembre 2006), certains des termes de ce recueil de terminologie en droit des affaires français et allemand feront l'objet de recherches approfondies. Par exemple, les termes Absatz, Angaben, Ausnutzen, Ausnahmen, Ausschliesslichkeit, Äusserungen, Bedingungen ont été traduits et employés dans des phrases d'application présentées dans le contexte spécifique du droit de la concurrence. Or, ils ont un sens différent dans le langage courant ou dans d'autres branches du droit. Ces mêmes termes allemands, traduits et employés dans des contextes différents en français peuvent aussi avoir des significations différentes. Une dissymétrie de structures sémantiques existe entre les deux langues. Ce qui est valable pour le langage courant l'est également pour le discours de spécialité juridique. Les exemples allemands y sont nombreux :
  • Erwerb est en relation dimensionelle avec achat, acquisition, et en relation métonymique avec l'autre mot Erwerb signifiant activité rémunérée, gain.
  • le terme Gewerbe est, en tant que tel, dans l'absolu, intraduisible puisque le concept que le droit allemand y attache n'existe pas en droit français. Il faut donc le traduire, au cas par cas, selon le contexte dans lequel il est utilisé, par les termes « commerce, profession, métier, entreprise ou industrie ». Gewerbe als Tätigkeit peut être traduit par « activité professionnelle ou commerciale », Gewerbe im Sinne der Gewerbeordnung par « métier soumis à un régime de contrôle administratif », gewerbliche Schutzrechte par « droits de propriété industrielle », Gewerbe als Betrieb oder Unternehmen par « entreprise commerciale ou industrielle ».


B3   Etude sur la terminologie du droit de la famille et la perception de la famille en France et en Allemagne
Projet animé par Frédérique NIBOYET

Frédérique Niboyet est spécialisée dans le droit de la famille dans les relations franco-allemandes (thèse française et thèse allemande de doctorat, interventions dans séminaires de magistrats et colloques, glossaire sur le droit délictuel au regard du droit de la famille (2001).

Le droit de la famille a fait l'objet de réformes récentes qui traduisent l'évolution des moeurs. Ces changements se retrouvent dans de nombreux pays d'Europe mais à des degrés variables. Le droit de la famille présente des spécificités selon les pays qui sont liées à des considérations historiques, religieuses, sociales ou politiques. Ainsi la famille est-elle appréhendée différemment en France, pays latin, et en Allemagne, pays nordique. A l'heure où l'Europe des personnes se construit et où les unions mixtes se multiplient, il paraît important de comparer ces deux approches du droit de la famille notamment à travers les terminologies et leurs contextes.

L'étude des terminologies française et allemande portera sur des textes concernant le divorce, les régimes matrimoniaux et successions, la réglementation des formes alternatives de vie à deux ainsi que sur la responsabilité parentale. Pour premier exemple, on évoquera les problèmes d'enlèvements d'enfants au sein des couples franco-allemands et l'apport du nouveau Règlement "Bruxelles II bis". Dans cette optique comparée, des séminaires et colloques franco-allemands vont être organisés avec les universités partenaires allemandes.

Mis à jour le 18 juin 2009